Vers une prospérité sans croissance ?

Encommun_0En Commun n°67

Février 2010

 

Dans les sociétés productivistes et industrielles, la croissance économique est supposée engendrer la prospérité. Seulement, depuis quelque temps, cette croissance mène à une impasse : sur-exploitation des travailleurs, inégalités sociales, profitation, destruction des ressources naturelles, réchauffement climatique et diminution de la biodiversité. En période d’effondrement de la production comme aujourd’hui – 269 000 emplois industriels détruits entre 2008 et 2009 soit 8% des effectifs -, la récession engendrée provoque chômage de masse et remise en cause des droits sociaux ce qui sape les fondements de la société. Face à cet enjeu, les politiques développées ont pour seule réponse une relance de la consommation pour faire repartir la croissance et ainsi favoriser l’emploi. Et le cycle infernal se reproduit. Pourtant, le lien entre augmentation de la richesse et création d’emplois est de plus en plus contesté.

Peut-on envisager la création d’emplois sans croissance ?

Au Royaume-Uni, la Commission du développement durable a publié un rapport en 2009 intitulé La prospérité sans croissance ? qui explore les voies d’une telle possibilité. Par exemple, en passant d’une économie qui vise à l’opulence ou l’utilitarisme à une économie qui vise à l’épanouissement humain. Ainsi, produire des biens ou services de façon écologique et socialement durable exigerait plus de travail que produire les mêmes biens en détruisant les ressources naturelles, le climat ou en déshumanisant les services aux personnes. La sobriété matérielle et la durabilité ne seraient pas ennemies de l’emploi, bien au contraire. En France, le fait de remplacer l’agriculture intensive avec ses impacts sur la santé et l’environnement, par de l’agriculture biologique nécessiterait 40 à 50% d’emplois en plus pour production identique en volume. Dans un autre domaine, l’étude menée par le Cired (Cnrs) montre que la recherche d’efficacité énergétique dans les logements, transports et production électrique, est créatrice d’emplois (– 30% de CO2 = + 684 000 emplois). La même étude au niveau de la Région Ile-de-France fait état de 164 000 emplois créés, sans parler des emplois indirects. Une économie plus responsable écologiquement est donc une économie plus juste et plus créatrice d’emploi.

Dominique Carré

Président du Groupe Verts, Socialistes unitaires et Citoyens

 

Dominique Carré

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