Les lobbies agrochimiques veulent réhabiliter les pesticides tueurs d’abeilles !

Give bees a chance ©vectorcartoonsChère amie, cher ami, défenseurs des abeilles et de la nature,

La bataille fait rage au niveau européen !
Il ne reste que deux mois avant la fin du moratoire sur les pesticides néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, Pollinis et les associations de défense de l’environnement se battent au coude à coude avec les lobbies agrochimiques à Bruxelles.

L’industrie agrochimique est prête à tout pour écraser la volonté des citoyens et réhabiliter ses pesticides – quitte à sacrifier l’environnement et l’alimentation de toute la population pour sécuriser quelques milliards d’euros de profits à court terme…

Elle attaque sur tous les fronts :

Bataille scientifique -> Les grandes industries agrochimiques entretiennent des labos et des armées de chercheurs chargés de « prouver » que leurs produits  – pourtant 8000 fois plus toxiques pour les abeilles que le DDT utilisé il y a encore 20 ans ! – n’ont aucun impact sur les pollinisateurs et l’environnement, et ne peuvent pas être remplacés.

Bataille juridique -> Bayer, Syngenta et BASF sont en train de traîner la Commission européenne en justice pour faire tout bonnement annuler le moratoire (1) ;

Armée de lobbyistes -> plus de 400 lobbyistes travaillent d’arrache-pied, à Bruxelles, pour obtenir la non reconduction du moratoire à partir de mai : pression sur la Commission et les élus, menaces sur l’emploi et les délocalisations…

lobbies-low

Nous ne pouvons pas les laisser imposer leur loi à tous les pays européens.

Depuis le tout début de cette histoire, Pollinis a sonné le tocsin et tenté de remobiliser les citoyens.

Par vagues successives, Pollinis réussi à alerter et rassembler 1 million de pétitionnaires à travers toute l’Europe pour contrer le plan anti-abeilles des firmes agrochimiques.

Grâce au soutien de citoyens concernés, une petite équipe a pu être mise en place, chargée de mener le combat au plus proche du pouvoir européen – en quelque sorte un contre-lobby, les défenseurs de l’abeille et des pollinisateurs !

Peu nombreux, mais déterminés, les délégués de Pollinis à Bruxelles ont déjà rencontré les représentants de la Commission et du Parlement européen, pour leur faire entendre un autre son de cloche que celui des agrochimistes :

– Pour leur dire que pendant les 2 premières années de ce soi-disant moratoire sur les néonicotinoides, la vente de ces produits n’a jamais cessé de croître dans tous les pays européens : ils sont aujourd’hui utilisés sur 80 à 100% des grandes cultures, céréales, pommes de terre et colza (du jamais vu dans l’histoire des pesticides !); (2)

– Que le moratoire ne porte que sur 3 molécules quand il existe en fait 7 molécules autorisées en Europe.  Et qu’entre temps, des produits génériques, sans marque, sont apparus sur le marché et des demandes d’autorisation sont en cours pour de nouveaux néonicotinoides chinois ;

– Que bien souvent les agriculteurs n’ont plus d’autre choix que d’utiliser des semences enrobées aux pesticides néonicotinoides – puisqu’on ne trouve plus que cela chez un grand nombre de distributeurs locaux ;

– Qu’en moyenne, il faut près de 9 mois pour que la quantité de néonicotinoides présents dans le sol après qu’on y ait semé des graines traitées diminue de moitié. Concrètement, 2 à 3 ans sont nécessaires pour que l’imidaclopride, la substance active du Gaucho, ne soit plus détectée dans les champs – mais entre temps, l’agriculteur aura probablement semé avec un autre traitement, et les toxiques tueurs d’abeilles s’accumuleront dans le sol. On les retrouve ainsi dans les pollens et le nectar des cultures même non traitées semées à la suite – à des concentrations certes faibles, mais tout de même 20 fois supérieures aux doses qui entraînent une surmortalité des abeilles étudiées en laboratoire ! (3)

Pour leur montrer, surtout, que plus d’un million de citoyens en Europe refusent qu’on sacrifie leur santé et l’alimentation des générations futures pour servir les intérêts à court terme de quelques entreprises agrochimiques.

Et pour pousser vers une interdiction totale et définitive des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles !

Claude Rolin, député européen de Belgique (4) a déposé une question écrite, suite à l’action de Pollinis, forçant la Commission à se prononcer au plus vite :

J’ai récemment été interpellé par le mouvement citoyen européen Pollinis, qui œuvre notamment pour la protection des pollinisateurs indispensables à l’agriculture. Pollinis fait actuellement campagne auprès des instances européennes afin d’obtenir une interdiction totale des néonicotinoïdes, ces pesticides responsables de la disparition d’abeilles, et non pas un compromis partiel avec les entreprises agrochimiques, comme c’est aujourd’hui le cas.

1. Quelle législation permettant de réduire les pesticides tueurs d’abeilles existe déjà au niveau européen?

2. De nouvelles propositions sont-elles en cours afin de réduire la menace qui pèse sur les abeilles?

Petit à petit, un contrepouvoir est en train de s’organiser contre l’influence des lobbys agrochimiques en Europe mais le temps manque : la fin du moratoire est dans deux mois et seulement une petite dizaine de délégués s’opposent à leur armée de 400 lobbyistes professionnels !

Pour renforcer leurs moyens de toute urgence, Pollinis fait appel à vous aujourd’hui.

Le plan de bataille mis en place avec les membres de Pollinis, en France, en Belgique et en Suisse, en Autriche, en Espagne et en Angleterre, ne vise qu’un objectif : contrecarrer les plans des lobbys des agrochimistes à Bruxelles :

  • Rassembler un maximum de citoyens à travers toute l’Europe pour peser tous ensemble dans la balance face à Commission et aux élus européens ;
  • Réunir les experts, rassembler et faire connaître les centaines d’études décrivant les ravages des néonicotinoïdes sur les abeilles, l’environnement et la biodiversité ;
  • Envoyer des délégués formés et compétents rencontrer les décideurs européens pour leur prouver, études et chiffres à l’appui, que d’autres solutions existent pour protéger les cultures tout en préservant les pollinisateurs et l’environnement.

Pour réussir dans ce plan, leurs moyens financiers sont dérisoires comparés aux montagnes d’argent que les firmes agrochimiques sont prêtes à déverser pour arriver à leurs fins.

Autant dire que toutes les contributions, même les plus petites, sont les bienvenues.

Si vous avez la possibilité d’aider financièrement Pollinis à monter cette équipe et à soutenir ce travail vital pour l’avenir de la biodiversité en Europe, merci de le faire dès aujourd’hui en cliquant ici.

L’objectif pour les deux mois qui viennent est on ne peut plus clair :

1- Empêcher Bayer, Syngenta et consors de blanchir leurs produits et de sacrifier notre santé, notre alimentation et notre environnement pour sauver leur profits immédiats ;

2- Obtenir une interdiction totale de ces substances hautement toxiques qui empoisonnent les abeilles et l’environnement, et compromettent l’agriculture de demain.

Aussi, si vous pouvez aider à mener ce plan de bataille à terme, jusqu’à la victoire, quelle que soit la somme que vous pourrez donner (10, 20, 50, 100 euros, ou même plus si vous le pouvez !) ce sera une aide précieuse.

Réaction du sénateur EELV Joel Labbé 

Communiqué des sénateurs EELV

Pour signer la pétition cliquez ici

 

Références : 

(1) Demande d’annulation du règlement d’exécution (UE) n° 485/2013 de la Commission, du 24 mai 2013, modifiant le règlement d’exécution (UE) n° 540/2011 en ce qui concerne les conditions d’approbation des substances actives clothianidine, thiaméthoxame et imidaclopride et interdisant l’utilisation et la vente de semences traitées avec des produits phytopharmaceutiques contenant ces substances actives (JO L 139, p. 12) :

Bayer CropScience / Commission : affaire T-429/13

Syngenta Crop Protection e.a. / Commission : affaire T-451/13

BASF Agro e.a/Commission : affaire T-584/13

(2) Worldwide Integrated Assessment of the Impact of Systemic Pesticides on Biodiversity and Ecosystems – Systemic insecticides (neonicotinoids and fipronil): trends, uses, mode of action and metabolites. [LIEN : http://link.springer.com/article/10.1007/s11356-014-3470-y/fulltext.html]

N. Simon-Delso,V. Amaral-Rogers, L. P. Belzunces, J. M. Bonmatin, M. Chagnon, C. Downs, L. Furlan, D. W. Gibbons, C. Giorio,  V. Girolami, D. Goulson, D. P. Kreutzweiser, C. H. Krupke, M. Liess, E. Long, M. McField, P. Mineau,  E. A. D. Mitchell, C. A. Morrissey, D. A. Noome, L. Pisa, J. Settele,J. D. Stark, A. Tapparo, H. Van Dyck, J. Van Praagh, J. P. Van der Sluijs,P.R. Whitehorn and M. Wiemers

(3) Voir l’interview avec le Dr Jean-Marc Bonmatin, Cnrs d’Orleans : « Les Neonicotinoides ont été mis sur le marché sur la base d’hypothèses erronées » [Lien : http://www.aefu.ch/fileadmin/user_upload/aefu-data/b_documents/Aktuell/M_140331_MfE-Interview_Bonmatin_-_Les_neonicotinoides_ont_ete_mis_sur_le_marche_sur_la_base_d%E2%80%99hypotheses_erronees.pdf

(4) http://www.europarl.europa.eu/sides/getDoc.do?pubRef=-//EP//TEXT+WQ+E-2015-000956+0+DOC+XML+V0//FR

 

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