Déclaration sur le PLUi par Philippe Monges

P_Monges

Intervention de P Monges sur l’arrêt du PLUi au Conseil territorial du 19 mars 2019

Nous tenons à remercier l’ensemble des services et les nombreux partenaires qui ont, chacun à leur mesure, contribuer à l’élaboration et à la rédaction de ce PLUI. Les champs de réflexion qu’ouvre la mise en œuvre d’un tel document sont multiples, imbriqués et parfois complexes et le PLUI a été l’occasion d’un travail collaboratif entre les services des villes et de l’EPT, entre les élus territoriaux et municipaux, et d’aller au devant des habitants et de les associer à la réflexion. Nous tenons à saluer l’implication des élus et des services du collectif espace public (CEP) et l’atelier des maires-ajoint à l’environnement (ATMAE). Ces deux instances ont inscrit au moins à 5 reprises le PLUI à leur ordre du jour, ont largement débattu du document et ont fait des propositions qui enrichissent le document que nous arrêtons ce soir.

Que nous ont dit les habitants, les salariés et les entrepreneurs ? Nous mettrons en exergue quelques éléments : leur attachement à ce territoire et leur désir d’y vivre ou d’y travailler, leurs interrogations sur le devenir des villes et de Plaine Commune dans cette grande spirale de la métropolisation, leurs attentes en matière d’espaces de convivialité, d’espaces verts et de nature en ville. D’une manière plus générale la préoccupation environnementale est au cœur des interrogations et rejoint la mobilisation citoyenne notamment sur la question climatique.

Ce PLUI présente un certain nombre d’avancés substantielles.

Relevons tout d’abord d’avoir conditionné le rythme de 4 200 logements par an à une amélioration du cadre de vie et un renforcement des équipements. Il s’agit d’une condition indispensable pour ne pas aggraver les carences qui sont les nôtres dans certains secteurs et notamment d’équipements publics. Il s’agit également d’interroger la notion de territoire dynamique. Ce qualificatif de dynamique nous l’entendons pour notre part dans la philosophie qui nous a permis de passer du Plus communautaire, au Mieux communautaire et Bien communautaire(Bien territorial) et qui a pour objectif d’assurer et de renforcer la qualité de vie de nos habitants, de porter un accueil attentif et bienveillant aux nouveaux habitants. Ce Bien territorial, nous le reconnaissons dans ces petites pépites du verbatim populaire issus de la concertation et qui se traduit dans du « Trop de béton, pas assez de verdure » ou encore « ce territoire sera-t-il encore pour nous ? » sans parler des interpellations sur le cadre de vie.

Parmi ces avancés, nous avons porté une vision globale et intégrée des enjeux environnementaux dans une logique de préservation de l’environnement, de bien-être et de santé publique. Citons le maintien de la pleine terre, le développement de la nature en ville, la préservation des ressources premières dans une approche bioclimatique des bâtiments, l’adaptation de notre territoire au changement climatique notamment à travers la lutte contre les inondations, la réduction des effets d’îlots de chaleur. Citons également la sanctuarisation des jardins familiaux (zonage Nj), 2 nouvelles zone A (agricole) en plus de la zone existante.

 

Pour l’ensemble de ces sujets, notons qu’ils étaient portés dans l’Agenda 21 et le Plan climat, et qu’ils sont aujourd’hui traduits de manière règlementaire dans le PLUi, et notamment dans l’OAP environnement Santé. Ce dernier élément est une originalité dans le paysage des documents d’urbanisme réglementaire, et une avancée. Les débats ont été riches, ils ont parfois été tendus. Nous regrettons de ne pas avoir été aussi loin dans ce domaine que nous l’aurions souhaité. Nous avons certainement pâti d’un calendrier trop serré, de l’imbrication et des coups partis des projets, et parfois d’une absence de vision commune.

 

Tout n’a pas pu être traduit de manière réglementaire dans ce premier PLUI. Il nous reviendra d’amender et d’enrichir les futurs versions du PLUI. Il s’agit, aujourd’hui, d’être particulièrement vigilant et engagé sur la mise en œuvre des préconisations de l’évaluation environnementale comme par exemple dans le domaine du dérèglement climatique, de la préservation les noyaux secondaires de biodiversité trop faiblement protégés par le zonage, de la préservation également des friches végétalisées encore considérées comme des terrains constructibles y compris celles qui ont pu être identifiées comme participant à la trame écologique locale, ou encore dans la recherche de l’éloignement des établissements sensibles le long des axes routiers les plus polluants. Il s’agira de porter au sein du territoire, dans nos villes et dans chacun des projets, avec les mêmes niveaux de priorité, l’urgence écologique et sanitaire, et l’urgence sociale.

 

Afin de conforter et de prolonger les orientations données par le PLUI, mobilisons-nous pour le développement des équipements, la création d’espaces verts et la place de la nature en ville, la réduction des expositions aux pollutions routières et aériennes. Dans ce domaine, consolidons nos connaissances des impacts sanitaires et des solutions à mettre en œuvre, en lançant dès à présents des études Air et Aménagement. Renforçons notre engagement pour un territoire bas carbone en analysant les besoins et le potentiel de production locale des énergies renouvelables, mais également nos exigences sur les matériaux bas carbone et la construction-bois. Adaptons le contenu des conventions qualité construction neuves (logement et tertiaire), du guide des espaces publics et du Référentiel d’aménagement soutenable.

 

Enfin pour finir, redonnons la parole aux habitants et plus précisément à une habitante qui, avec une pointe nostalgie – mais la force de la nostalgie n’est-elle pas justement de nous ramener à des fondamentaux -, et regrettant leTrop de béton et le pas assez de petits espaces avec de la verdure, cita une poème de Verlaine, intitulé « Le ciel est par-dessus le toit ». « Le ciel est, par-dessus le toit, Si bleu, si calme ! Un arbre, par-dessus le toit, Berce sa palme… Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà, De ta jeunesse ? ».

 

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