Budget 2019 : Les mobilités actives et écologiques sont-elles les oubliées ?

euroConseil Territorial 19 mars 2019

Intervention de Dominique Carré,

Conseiller territorial délégué aux Espaces publics et à l’Éco-mobilité

 

Je souhaiterais dire d’abord que les orientations budgétaires pour 2019 conviennent et que je partage le point de vue des différents collègues qui se sont exprimés, mais je voudrais attirer votre attention Monsieur le Président et Chers.ère.s collègues  au vu du budget proposé, sur deux points critiques en matière de mobilités actives : la maison du vélo et le réseau Bicyclo d’une part, le plan marche d’autre part.

Le rapport d’orientations budgétaires 2019 indique que l’une des priorités pour Plaine commune est de « poursuivre nos efforts en matière de mobilités écologiques ».  Or au vu des budgets proposés, je m’interroge sur la réalité des faits.

 

1- La Maison du vélo et l’ensemble des activités du réseau Bicyclo

Subventionnés par Plaine Commune (ateliers d’autoréparation, sensibilisation au vélo, remise en selle…) rencontrent un succès très important : plus de 3000 personnes ont été touchées en 2018 et 800 activités ont été réalisées, soit un doublement depuis 2015. Plusieurs ateliers d’autorépération et stages de « vélo école » sont saturés. Chaque année une vingtaine de personnes en parcours d’insertion sont employées et formées. Cette activité à même été reconnue et récompensée par la remise en 2017 du Grand prix Talent du vélo par le Club des Villes et Territoires cyclables.

La subvention actuelle de Plaine Commune est de 50 000€/an  + mise à disposition du local de la maison du vélo (18 000€  en coût net), ce qui représente un cout modeste. Notons que cette subvention bénéficie à 7 associations : Etudes et Chantiers Île de France, Cyclolîle (l’Île Saint Denis), La Régie de quartier de Stains (Clos Saint Lazare) et son atelier vélo chantier d’insertion, Les vélos de la brèche (Aubervilliers), Rien ne se perd (Saint Denis), Vélo à saint Denis, Atelier Solidaire (Saint Ouen)

Ce soutien aux associations est au croisement de la politique de l’emploi et de la politique cyclable de Plaine commune et est complémentaire des différentes démarches déjà portées : Plan Vélo, Plan Local de Déplacements, Plan Climat Energie.

Le développement de la subvention associé à la Maison du Vélo et au réseau Bicyclo est aujourd’hui essentiel pour : soutenir ce rythme d’activités proposées et développer de nouveaux ateliers (y compris chantiers d’insertion) dans les Villes du territoire qui n’en disposent pas.

Rappelons que le modèle économique des associations subventionnées est de plus en plus fragile. En effet,  la part de la subvention de Plaine Commune n’est plus que de 11% alors qu’elle représentait 24% en 2015. et les recettes externes se raréfient (financements Région et insertion en baisse notamment) Certaines économies de fonctionnement dégagées sur le budget de la direction espace public et des déplacements pourraient être utilement refléchées sur ce développement, contribuant à la réalisation de la politique cyclable de Plaine Commune. Il s’agirait de porter la subvention à 80 000€/an qui pourraient comprendre : une baisse de 10 000 € (effort consenti) sur l’appel à projets TANDEM et une augmentation de nette de la subvention de 20 000€

Maintenir la subvention à son niveau actuel alors que la pratique se développe et qu’un besoin grandissant est exprimé par les habitants serait enfin un mauvais signal aux associations partenaires et à l’ensemble des personnes qui pourraient bénéficier de ces activités. Ce développement va dans le sens des évolutions à l’échelle de la métropole et au-delà : mise en place de ZFE, plan vélo du gouvernement…

En conclusion, l’effort de 20 000€ supplémentaire/an demandé à l’EPT ne semble pas insurmontable au regard des enjeux et des objectifs portés par Plaine Commune.

 

2- La mise en œuvre du Plan Marche .

Le budget proposé pour 2019 représente un financement de 145 000 € (dépense nette) de la Plaine commune auxquelles s’ajoutent 227 000 € de subventions attendues afin de résoudre les points durs et développer la signalétique piétonne. Rappelons que notre Plan marche a reçu les honneurs de l’ADEME et est reconnu par différentes collectivités (même à l’étranger). Il était prévu dans le cadre du PLD –Plan Local de Déplacements – de consacrer 650 000 €/an afin de résoudre les points durs et mettre en place la signalétique piétonne d’ici 2020.

On peut comprendre que dans le contexte financier actuel la temporalité des actions soit allongée. Mais si l’on reste sur un financement annuel de 145 000 € (charge nette) la finalisation de la mise en œuvre du Plan marche serait reportée en 2029-2030. Cela voudrait dire que l’on ne pourra traiter que d’un point dur/an et poser la signalétique à une dizaine de carrefours/an. Aussi serait-il souhaitable qu’une augmentation budgétaire de 150 000 €/an soit envisagée afin de terminer ce Plan Marche en vu des Jeux Olympiques et Para-Olympiques de 2024.

Monsieur le Président, Chers.ère.s collègues merci pour votre écoute.

 

Publier un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>