La transition énergétique : vers des territoires à énergie positive

LMC_26LMC n°26

2ème trimestre 2013

 

Édito
Du smog… aux dioxyde d’azote et aux particules fine

En 1952 Londres était frappée par une catastrophe due à la pollution atmosphérique : le smog. En 4 jours plus de 4 000 personnes ont succombé. Le froid intense obligea les habitants à alimenter leurs poêles à charbon. Plus d’un million de cheminées crachèrent leur fumée et le brouillard déjà dense s’épaissit… On connaît la suite. Aujourd’hui à Londres, comme sur notre territoire et dans de nombreuses agglomérations urbaines, la pollution au charbon a été remplacée principalement par les gaz d’échappement : le dioxyde d’azote dépasse les limites autorisées et les particules fines (PM 10, PM 5 pénètrent allègrement les voies respiratoires et pulmonaires…Sur le territoire de Plaine commune 38% de la consommation énergétique provient des transports et des déplacements (35% pour l’habitat résidentiel) alors que 51% des émissions de CO2 résultent des transports et déplacements (29% du chauffage résidentiel). C’est dire l’urgence sur Plaine commune et dans 46 agglomérations urbaines françaises (exposant plus de 12 millions d’habitants) de réduire la consommation énergétique en matière de transport, de délaisser la voiture et de changer la motorisation de nos voitures et camions. C’est une double urgence. Climatique, lutte contre le réchauffement. Sanitaire puisque selon les estimations de l’OMS cette pollution a engendré le décès prématuré l’année dernière de 42 000 personnes dans notre pays.

Dominique Carré
Président du groupe Europe Ecologie Les Verts, Socialistes unitaires et Citoyens de Plaine commune

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Article 1
Lutter au risque de mourir ou se résigner à prolonger l’agonie ?

Le grand débat sur la transition énergétique, appelé de façon pressante par les écologistes, est lancé. Au niveau planétaire, l’enjeu principal est climatique. à croissance démogra­phique et économique au « fil de l’eau », la température moyenne de la terre s’élèverait entre 4 et 6°C d’ici 2050. Ce niveau provoquerait des boule versements d’une ampleur sociale, économique et environne­mentale dramatiques et incontrôla­bles. D’où l’urgence absolue d’inter­venir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, provoquées par la consommation d’énergie fossile.

Au lieu de mobiliser leur peuple pour éviter la catastrophe, aucun pays riche, accroc à « la croissance », ne veut s’engager de peur d’être perdant de la compétition. Question existentielle : Lutter au risque de mourir ou se rési­gner à prolonger l’agonie ?

Au niveau national, les enjeux se focalisent sur le nucléaire. La CGT de Fessenheim est contre le démantè­lement de la centrale la plus âgée, implantée sur une zone sismique au bord d’un fleuve. L’effort de recon­version des travailleurs et des outils est subordonné.

L’Etat soutient le nucléaire au nom d’une indépendance énergétique, qui n’existe pas. La France importe 100% de son uranium et les seules réser­ves africaines d’uranium, estimées à 30­40 ans, ne pourront être sauvegar­dées que par la force militaire (voire la guerre au Mali).EDF vante le prix bas de son électricité sur le marché européen. Elle n’inclut pas le coût réel de l’inéluctable déman­tèlement et des accidents majeurs possibles. Pire encore, en répandant du chauffage électrique (60% des loge­ments), EDF et ses complices ont rendu dépendant des millions de consomma­teurs à l’inconfort, à la hausse inévi­table des prix et aux inquiétudes de la société sur l’avenir.

Est-­il possible de changer cela et de s’engager, au niveau national, dans la voie solitaire de la responsabilité planétaire ? Oui, répondent les scéna­rios convergents de Negawatt et de l’ADEME.

Les changements reposent sur la sobriété, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables. Plus intensives en travail, ces techniques peuvent créer plus d’emplois, non délocalisables, pour le bien être des usagers que la paralysie ou la fuite en avant.

Michel Bourgain
Vice-président de Plaine commune en charge de l’écologie urbaine, maire de l’Île-Saint-Denis

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Article 2
Le saviez-vous…
Qu’est-ce qu’un territoire à énergie positive ?

C’est un territoire dont les besoins en énergie ont été réduits au maximum et sont couverts par les énergies renouvelables locales, selon trois principes : sobriété énergé­tique, efficacité énergétique et éner­gies renouvelables (éolien, photovol­taïque, hydraulique, bio­masse, bio­gaz…).

Cela passe par la réappropriation par l’ensemble des citoyens, élus, acteurs sociaux et économiques des ques­tions énergétiques et de l’autonomie énergétique. Les territoires français s’y mettent enfin. Il était temps. De nombreuses villes en Europe ont développé cette démarche, certaines initiatives remontent à une vingtaine d’années : Güssing en Autriche (27 000 habitants) a couvert en 20 ans 100% de ses besoins d’éner­gies à partir de ressources locales ; Jühnde en Allemagne ; Prato­allo­Stelvio en Italie ; Växjö en Suède, a lancé en 2006 son programme “Zéro énergie fossile” ; Samso au Danemark, entre autres villes…

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Article 3
Sur le territoire de Plaine commune
Création d’une Agence Locale de l’énergie et du Climat

L’Agence Locale de l’énergie et du Climat (ALEC) de Plaine commune, association indépendante, a été créé en 2012, sous l’impulsion de Michel Bourgain, devenu son président. Elle fédère les membres fondateurs de l’Association (Plaine commune, le Conseil général de Seine­Saint­Denis, le Conseil régional d’Île­de­France, EDF, GDF­Suez, Plaine commune Développement et l’OPH d’Aubervilliers), ainsi que l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’énergie (ADEME) et de nombreuses entreprises.

L’ALEC est une pièce majeure pour mettre en œuvre les objectifs du Plan Climat énergie de Plaine commune. L’association a pour rôle d’être un centre des ressources, un catalyseur des actions et un lieu de coopération autour de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. L’ALEC a vocation à accompagner les structures économiques et institutionnelles. En premier lieu et surtout, il s’agit de travailler sur la rénovation énergé­tique des bâtiments et particulière­ment les copropriétés. Ses missions : diagnostic thermique, conseil de financement, mais aussi actions de sensibilisation et d’information.

L’association se tient donc au service des habitants et des Conseil syndicaux.

Contact : l’équipe, dirigée par Mickaël Evrad, est installée dans des locaux situés : 8 rues des Boucheries, à Saint­-Denis.
Tél. : 01 48 09 40 90
Mail : contact@alec­plaineco.org

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